Expulsion musclée avenue Mpumbu
La tension est montée d’un cran, jeudi 25 avril 2025, devant le siège national du PPRD, sur l’avenue Mpumbu (commune de la Gombe). Sous forte escorte policière, les locaux du parti de l’ancien président Joseph Kabila ont été vidés manu militari : tables, armoires, archives et banderoles gisent encore sur le trottoir tandis que les forces de l’ordre verrouillent les lieux.
Le PPRD affirme n’avoir reçu aucun acte administratif préalable : pour le parti, il s’agit d’un déguerpissement politique directement lié à la récente suspension de ses activités par le ministère de l’Intérieur.
Le PPRD dénonce un pillage par la « milice » Forces du Progrès
Dans un communiqué incendiaire, la direction du PPRD accuse la “Force du Progrès”, mouvement de jeunesse réputé proche de l’UDPS au pouvoir, d’avoir « pillé et vandalisé » les bureaux avant l’arrivée de la police. Plusieurs militants du PPRD auraient été tabassés puis embarqués vers un CIAT voisin.
L’UDPS, de son côté, nie toute implication : « Nous n’avons ni milice ni mot d’ordre de violence », assure un cadre du parti présidentiel, qui renvoie la balle aux autorités urbaines – sans plus de détails.
Vers une escalade judiciaire et diplomatique ?
Qualifiant l’opération de “répression inacceptable”, le PPRD annonce la saisie immédiate de la justice congolaise et appelle la communauté internationale à condamner ce qu’il décrit comme « une dérive autoritaire contre l’opposition».
Après la suspension du parti, les poursuites pour « haute trahison » visant Joseph Kabila et la saisie de biens de plusieurs cadres FCC, ce délogement musclé marque une nouvelle étape dans l’affrontement politique. Les ONG de défense des droits humains redoutent un cycle de représailles et d’intimidations à l’approche d’échéances électorales explosives.