Mukwege s’insurge contre l’accord RDC–Rwanda : « On livre notre souveraineté sur un plateau »

Une voix dissidente s’élève contre l’euphorie diplomatique

Tandis que l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, signé à Washington sous médiation américaine, est célébré par certaines chancelleries comme un « tournant historique », une voix majeure vient briser l’ambiance triomphale : celle du Docteur Denis Mukwege.

Le prix Nobel de la paix, connu pour son engagement inlassable contre les violences sexuelles en zones de conflit, rejette fermement cet accord, le qualifiant d’« abandon de souveraineté ».

“On négocie avec ceux qui ont violé et massacré”

Dans une déclaration virulente, Mukwege accuse le gouvernement congolais de légitimer, par cet accord, l’occupation de l’Est du pays par une armée qu’il tient pour responsable de massacres, de viols et d’exactions systématiques.

« Cet accord est une insulte aux victimes. Nous sommes en train de légaliser une agression, de donner un blanc-seing à ceux qui ont semé la terreur. »

Il dénonce en particulier la possibilité d’une cogestion des ressources minières stratégiques, évoquée dans certains volets non publiés de l’accord, comme un cadeau fait au Rwanda au détriment du peuple congolais :

« Nos ressources seront bradées, notre souveraineté piétinée. »

Un appel à la conscience nationale

Mukwege ne se contente pas de critiquer : il lance un appel solennel à la population congolaise, aux acteurs politiques et à la société civile, afin qu’ils ouvrent les yeux sur la gravité de la situation.

Il appelle à :

Une vigilance accrue face à ce qu’il qualifie de « piège diplomatique »,

Une mobilisation pacifique mais ferme pour rappeler que la RDC n’est ni à vendre ni à partager,

Et une reconsidération du processus de négociation, sans exclusion des vraies victimes.

« La paix ne doit pas se négocier dans le dos du peuple. Elle doit se construire avec lui, et non à ses dépens. »

Le gouvernement temporise… et parle de désinformation

Face à cette sortie musclée, le Porte-parole du Gouvernement a tenté d’éteindre l’incendie. Il appelle la population à « s’informer correctement » et à éviter les interprétations erronées et les intoxications médiatiques.

Il assure que la souveraineté nationale reste une ligne rouge et que l’accord est avant tout une initiative de stabilisation, pas une compromission.