Une misère qui ne choque plus personne ?
Depuis l’arrivée massive des déplacés fuyant les violences entre Mbole et Lengola, les rues de Kisangani sont devenues un théâtre quotidien de détresse humaine. Femmes sans abris, enfants abandonnés, regards vides tendus vers des passants trop pressés pour s’arrêter.
Le chiffre est glaçant : le nombre d’enfants en errance a doublé. Certains dorment sur le bitume, d’autres survivent comme ils peuvent, sans encadrement, sans avenir, dans une ville qui regarde ailleurs.
Une normalité construite sur l’oubli
Ce qui frappe, c’est le silence. L’absence d’urgence. Comme si cette misère s’était fondue dans le décor. Comme si voir un enfant dormir dehors ne faisait plus bondir personne. La souffrance devient une habitude, et c’est là que le danger commence.
Où sont les politiques publiques ? Où sont les mécanismes d’accueil d’urgence ? Où est la solidarité nationale ?
Un cri qu’on n’entend plus
Ces enfants ne demandent pas la charité. Ils demandent une réponse digne, humaine et durable. Il est temps de secouer les consciences, d’agir, avant que cette ville ne soit plus qu’un musée de l’indifférence.