Ferdinand Kambere sort du silence et rejette l’accord de Washington
Alors que le gouvernement congolais multiplie les signaux de satisfaction suite à la signature de l’accord de paix avec le Rwanda, la voix de l’opposition et des proches de l’ancien régime commence à se faire entendre. Et elle gronde fortement.
Ferdinand Kambere, cadre du PPRD et fidèle lieutenant de Joseph Kabila, rejette catégoriquement l’accord signé à Washington entre Kinshasa et Kigali, sous la médiation des États-Unis.
« Cet accord constitue une trahison envers le peuple congolais. »
Un ton direct, sans fioritures. Pour Kambere, il ne s’agit pas d’une avancée vers la paix, mais d’une concession inacceptable.
Une ligne rouge franchie ?
La critique de Kambere s’inscrit dans une méfiance historique de l’ancien régime vis-à-vis du Rwanda. Le cadre du PPRD considère que ce traité accorde une forme de légitimité à un agresseur :
« On ne peut pas négocier avec ceux qui violent notre territoire et massacrent nos populations depuis plus de deux décennies. »
Ce discours, partagé par une partie de l’opinion publique congolaise, renforce les accusations de bradage de souveraineté portées également par Denis Mukwege ou Prince Epenge ces derniers jours.
Un accord vu comme une opération cosmétique
Selon Kambere, le vernis diplomatique ne suffit pas à effacer les responsabilités du Rwanda dans la tragédie de l’Est. Il estime que le gouvernement actuel tente de maquiller un échec sécuritaire par une signature précipitée :
« Ce n’est pas en mettant des signatures à Washington qu’on éteint les feux de Bunagana ou les cris de Beni. »
Il exige un véritable processus de vérité et de justice, pas un “deal géopolitique”.
Retour du Kabilisme sur la scène diplomatique ?
Ce rejet de l’accord, venant d’un proche de Kabila, sonne aussi comme un signal politique clair : le clan Kabila entend se repositionner sur les grandes questions nationales, en particulier celles liées à la souveraineté et à la sécurité.
Dans une ambiance politique tendue, cette prise de position pourrait raviver les fractures entre le pouvoir actuel et l’ex-majorité présidentielle, alors que Joseph Kabila lui-même enchaîne les consultations à l’Est du pays.