Un accord sous l’œil vigilant de Washington
Vendredi 28 juin 2025 restera peut-être comme un tournant majeur dans la quête de paix dans la région des Grands Lacs. La République démocratique du Congo et le Rwanda ont officiellement signé un accord de paix à Washington, sous la médiation directe des États-Unis.
L’accord a été paraphé par :
Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères de la RDC,
Olivier Nduhungirehe, son homologue rwandais,
En présence du Secrétaire d’État américain Marco A. Rubio.
Un contenu ambitieux : paix, sécurité et coopération
Le document signé énonce des engagements clairs et des mesures concrètes, dont les plus notables sont :
Respect strict de l’intégrité territoriale de chaque pays,
Cessation immédiate des hostilités,
Retrait de toutes les troupes étrangères et groupes armés non étatiques de l’Est de la RDC,
Désarmement progressif et intégration conditionnelle de certains groupes armés,
Mise en place d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire, basé sur le Concept opérationnel conjoint (CONOPS) du 31 octobre 2024,
Retour sécurisé des déplacés internes et réfugiés,
Et enfin, la relance de la coopération bilatérale, dans les domaines sécuritaire, économique et humanitaire.
Une avancée historique, mais prudence…
L’annonce de cet accord est déjà saluée par plusieurs chancelleries africaines et occidentales. Pour beaucoup, c’est le début d’un processus qui pourrait changer durablement le visage de l’Est congolais, déchiré depuis des décennies par des conflits à répétition, exacerbés par les ingérences régionales, notamment celles attribuées au Rwanda.
Mais sur le terrain comme dans l’opinion publique congolaise, la prudence reste de mise. Les précédentes tentatives de paix ont souvent été suivies de violations, trahisons ou stagnations. Cette fois-ci, la présence officielle des États-Unis comme médiateurs pourrait cependant offrir un poids diplomatique inédit et renforcer la pression sur les parties.
Un test pour la sincérité des deux camps
La signature de l’accord n’est que le premier acte d’un processus complexe, qui devra être suivi de mécanismes de vérification et d’actions concrètes sur le terrain. L’opinion attend notamment de voir :
Le retrait réel du M23,
L’arrêt du soutien militaire aux groupes armés,
Et la restitution des localités occupées dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.