Une gratuité en théorie, un cauchemar en pratique
La gratuité de la maternité à Bandundu, censée garantir un accouchement digne à toutes les femmes, bat sérieusement de l’aile. Entre pénurie de médicaments et prestataires de santé non payés, la situation devient critique dans plusieurs structures de santé de la région.
Des témoignages de femmes obligées d’acheter elles-mêmes leurs médicaments se multiplient. D’autres sont renvoyées faute de produits ou d’agents disponibles. Une dérive inquiétante pour une politique publique pourtant saluée à son lancement.
Des soignants à bout, des patients en détresse
Les prestataires de santé, eux, tirent la sonnette d’alarme. Beaucoup disent ne plus recevoir leur salaire depuis plusieurs mois. Certains centres tournent au ralenti, d’autres menacent de fermer ou de suspendre les services liés à la maternité gratuite.
« On nous demande de travailler gratuitement, sans matériel, sans médicaments, et sans respect », confie un infirmier sous anonymat. La motivation s’effondre, la charge mentale grimpe, et les patientes en paient le prix.
Un risque pour la santé maternelle
Cette situation met en danger la vie des femmes enceintes et de leurs nouveau-nés. Des complications non prises en charge à temps, des évacuations impossibles faute de moyens, des accouchements sans assistance : le tableau est alarmant.
Les autorités sanitaires provinciales reconnaissent les difficultés, mais appellent à la patience. En attendant, sur le terrain, c’est la débrouille généralisée.
Si rien n’est fait rapidement, la gratuité de la maternité risque de se transformer en illusion administrative, vidée de toute efficacité.