Un soutien salué… mais avec un message fort
Moïse Katumbi, figure majeure de l’opposition congolaise, a officiellement réagi à la signature de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, intervenue vendredi dernier à Washington sous médiation des États-Unis. Dans une déclaration publiée ce samedi, le président d’Ensemble pour la République félicite l’initiative, mais n’oublie pas d’y glisser une charge contre le pouvoir en place.
« Je salue le président Donald Trump dont les efforts de médiation ont permis la signature […] de l’accord de paix. Cet accord ouvre enfin une lueur d’espoir pour l’Est de notre pays, longtemps meurtri. »
Un soutien à la paix, un rappel des principes
Katumbi se positionne comme un partisan convaincu du dialogue, affirmant que la solution à la crise de l’Est passe par la négociation, la justice et la gouvernance responsable :
« Depuis des années, nous ne cessons d’affirmer que la paix véritable ne se construit ni avec les armes ni dans la violence, mais par le dialogue, la justice et la bonne gouvernance. »
L’ancien gouverneur du Katanga cautionne donc la médiation américaine, mais rappelle que la paix ne doit pas servir de vernis politique pour masquer d’autres dérives internes.
La paix ne doit pas devenir un alibi autoritaire
Katumbi en profite pour dénoncer les atteintes aux libertés publiques observées ces dernières années. Selon lui, le conflit à l’Est a trop souvent servi de prétexte pour restreindre l’espace démocratique :
« Cette guerre a trop servi de prétexte au régime pour museler l’opinion, persécuter les journalistes, l’opposition, procéder à des arrestations arbitraires et illégales. »
Il en appelle à un véritable retour à l’État de droit, insistant sur le fait que la fin des armes doit aussi rimer avec la fin des abus du pouvoir.
Une paix durable… ou politique ?
Si Moïse Katumbi salue l’accord, sa déclaration sonne comme un avertissement : la paix, oui, mais pas au prix de la démocratie ni des droits fondamentaux. Il rejoint ainsi plusieurs autres voix politiques et sociales qui appellent à une mise en œuvre transparente et équitable de ce processus.