Une critique frontale sous forme de compliment masqué
La sénatrice Francine Muyumba ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’agit d’évaluer la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Wagner. Dans une déclaration récente qui fait le tour des réseaux sociaux, l’ancienne patronne de l’Union panafricaine de la jeunesse a jeté un pavé dans la mare diplomatique congolaise :
« Elle ne comprend rien à la politique congolaise ni aux réalités du terrain. »
Une phrase choc, adressée à une femme pourtant souvent présentée comme l’un des profils les plus compétents du gouvernement Suminwa.
Entre reconnaissance et désillusion
Francine Muyumba ne s’arrête pas là. Si elle critique le manque de connexion de Wagner avec les réalités congolaises, elle prend néanmoins le soin de lui reconnaître des qualités personnelles :
« C’est une femme compétente, qui se débrouille plutôt bien ; je le reconnais et j’ai beaucoup d’admiration pour les femmes qui se distinguent. Elle fait partie des meilleures. »
Mais cette compétence individuelle ne suffit pas, selon la sénatrice, à faire la différence dans un système aussi verrouillé, corrompu et inefficace que celui de la RDC.
Une métaphore qui résume tout : le talent dans un désert
La phrase qui résume le mieux la pensée de Muyumba est sans doute celle-ci :
« C’est un peu comme placer Messi dans une équipe de deuxième division au Congo. Le talent, à lui seul, ne suffit pas quand le système est défaillant. »
Autrement dit : Wagner est peut-être brillante, mais elle est coincée dans un environnement où aucun effort ne porte réellement ses fruits, tant le système étouffe toute tentative de réforme ou de performance durable.
Une critique du système ou une attaque politique ?
Ce discours, qui alterne éloge discret et critique sévère, semble s’adresser moins à Wagner qu’au cadre institutionnel et politique dans lequel elle évolue. Mais dans le climat politique tendu du moment, difficile de ne pas y voir aussi une forme de repositionnement stratégique de Francine Muyumba, qui plaide de plus en plus pour une nouvelle gouvernance et une rupture avec les pratiques anciennes.