20 ans de prison requis contre Matata Ponyo : le procès Bukanga‑Lonzo s’enflamme

Le réquisitoire qui peut tout faire basculer

Coup de tonnerre, mardi 22 avril 2025 : le ministère public a demandé 20 ans de prison ferme et l’arrestation immédiate de l’ex‑Premier ministre Augustin Matata Ponyo ainsi que de ses co‑accusés (l’ex‑gouverneur de la BCC Deogratias Mutombo et l’homme d’affaires sud‑africain Christo Grobler) dans l’affaire du parc agro‑industriel de Bukanga‑Lonzo. D’après le parquet, les trois hommes se seraient rendus coupables de détournement massif de fonds publics, entraînant la débâcle d’un projet évalué à plus de 200 millions USD.

Prison, mandat d’arrêt… et 10 ans d’inéligibilité

Au‑delà de la peine de 20 ans, le ministère public exige aussi dix ans d’inéligibilité – un véritable couperet politique pour Matata Ponyo, qui se voyait encore candidat crédible à la magistrature suprême. Le parquet veut que la Cour constitutionnelle délivre un mandat d’arrêt immédiat et ordonne la saisie des biens des trois prévenus afin de garantir le recouvrement des sommes présumées détournées.

Les avocats de l’ancien Premier ministre dénoncent un « procès politique » : ils rappellent que leur client conteste la compétence de la Cour et dénonce une instruction « bâclée ». Ils promettent un recours à toutes les voies de droit nationales et, si nécessaire, internationales.

Un verdict attendu sous très haute tension

Prochaine étape : les plaidoiries de la défense, puis le délibéré – annoncé dans les jours à venir.
Enjeu‑clé : la crédibilité de la lutte contre la corruption en RDC, alors que plusieurs anciens dignitaires font déjà l’objet d’enquêtes. Dans la rue comme sur les réseaux, l’affaire embrase l’opinion : pour certains, il est temps qu’un « gros poisson » rende enfin des comptes ; pour d’autres, le dossier ressemble à une élimination politique à la veille des grandes manœuvres électorales.