Un dimanche de survie
Il est midi pile à Kinshasa, et l’ambiance au stade Tata Raphaël n’a rien d’un jour de match. Des centaines de sinistrés, victimes des inondations dramatiques survenues samedi dernier, y trouvent refuge, nourriture et un semblant de répit après un week-end où la capitale a littéralement frôlé le chaos.
Ce dimanche s’est refermé sur un mélange d’angoisse et de désespoir, alors que les eaux ont emporté maisons, vies et espoirs. Si l’initiative d’héberger les sinistrés est saluée, elle soulève aussi une question plus dérangeante : est-ce une réponse durable ou juste un pansement sur une plaie béante ?
Solidarité ou improvisation ?
L’accueil des victimes dans une enceinte sportive montre à quel point les infrastructures d’urgence font défaut dans une ville aussi massive que Kinshasa. Aucune anticipation, zéro plan de repli structuré, et encore moins de centres de crise prévus à cet effet. Le stade devient donc, par défaut, un camp de fortune.
Et après ?
Loger des familles pendant quelques jours, c’est bien. Mais et après ? Où iront-elles ? Qui reconstruira ce qu’elles ont perdu ? Le vrai défi commence maintenant, et il ne se gagnera ni avec des tentes, ni avec quelques plateaux-repas distribués sous les caméras. Il faudra une vraie politique d’aménagement du territoire, sinon Kinshasa continuera d’enterrer ses enfants sous la pluie.