350 000 USD pour « désengorger » Kinshasa : l’échec discret d’un plan anti-embouteillage

Embouteillages : l’argent a coulé, le trafic est resté

Kinshasa suffoque toujours sous le poids des embouteillages monstres, malgré un plan d’urgence de 350 000 dollars censé améliorer la circulation routière dans la capitale. Lancée pour 30 jours, l’initiative prévoyait une évaluation tous les 10 jours, mais sur le terrain, rien n’a changé ou presque, selon un expert gouvernemental cité mercredi par l’ACP.

L’objectif était ambitieux : renforcer l’encadrement des automobilistes, faciliter la circulation aux heures de pointe, et désengorger les grands axes. Mais en réalité, la congestion persiste, voire s’intensifie dans certains quartiers.

L’autorisation des poids lourds : solution ou aggravation ?

Paradoxalement, pour éviter une hausse des prix des biens de consommation, les autorités ont décidé d’autoriser les poids lourds à circuler librement, y compris en journée. Une décision qui, loin de soulager la circulation, a empiré la situation, rendant certains axes quasi impraticables.

Résultat : taxis, motos, poids lourds et véhicules privés se partagent un réseau routier déjà sous-dimensionné, sans véritable coordination visible.

Un plan sans pilote ?

L’expert interrogé estime que le plan souffre d’un manque flagrant de suivi, d’encadrement insuffisant des automobilistes, et d’une absence de mesures concrètes sur le terrain. Pas de nouveaux feux tricolores, pas de renfort massif de la police routière, et surtout, aucune campagne de sensibilisation sérieuse.

Une fois de plus, l’impression laissée est celle d’un décaissement rapide, sans véritable stratégie durable. Et pendant ce temps, les Kinois continuent de passer des heures dans les bouchons, entre klaxons, stress et gaz d’échappement.